Bien Plus Qu'un Charpentier

Josh McDowell

 

 

 

***QUI MOURRAIT POUR UNE FABLE?***



Il est un domaine souvent passé sous silence dans les attaques contre le christianisme: c'est la transformation des apôtres de Jésus. Leur vie changée fournit un témoignage solide en faveur de la validité de ses prétentions. La foi chrétienne étant historique, si l'on veut se livrer à des investigations sur ce sujet, il faut s'en rapporter aux témoignages, qu'ils soient écrits ou oraux.

Il existe beaucoup de définitions de «l'histoire», mais voici celle que je préfère: «une connaissance du passé fondée sur le témoignage». Si quelqu'un me dit: «je ne crois pas que ce soit une bonne définition», je lui demande: «Croyez-vous que Napoléon a vécu?» Presque toujours il me répond: «Oui». je demande alors: «L'avez-vous vu?» et il avoue que non. «Comment le savez-vous?» Bref, il s'en rapporte au témoignage.

Il y a un problème inhérent à cette définition de l'histoire. Le témoignage doit être digne de foi, sinon l'auditeur recevra une fausse information. Le christianisme suppose une connaissance du passé fondée sur le témoignage, aussi nous faut-il maintenant poser la question: «Les témoignages oraux originaux sur Jésus étaientils dignes de confiance? Pouvons-nous être certains qu'ils ont correctement retransmis ce que Jésus a dit et fait?» Je le crois.

Je peux me fier aux témoignages des apôtres parce que, sur ces douze hommes, onze sont morts martyrs pour avoir proclamé deux choses: la résurrection de Christ et leur certitude qu'il est le Fils de Dieu. Ils furent torturés, battus de verges et affrontèrent finalement la mort sous quelques-unes des formes les plus cruelles connues alors:

1. Pierre: crucifié

2. André: crucifié

3. Matthieu: par l'épée

4. Jean: mort naturelle

5. Jacques, fils d'Alphée: crucifié

6. Philippe: crucifié

7. Simon: crucifié

8. Thaddée: tué par flèches

9. Jacques, frère de Jésus: lapidé

10. Thomas: transpercé d'une lance

11. Barthélémy: crucifié

12. Jacques, fils de Zébédée: par l'épée

La réponse que l'on me donne d'habitude est celle-ci: «Eh, quoi! Quantité de gens sont morts pour un mensonge, alors qu'est-ce que cela prouve?»

Oui, quantité de gens sont morts pour un mensonge, mais ils croyaient que c'était la vérité. Or, si la résurrection n'a pas eu lieu (si c'était un mensonge), les disciples le savaient. je ne trouve aucun moyen de démontrer qu'ils aient pu se tromper. Par conséquent, ces onze hommes non seulement sont morts pour un mensonge, mais, et voilà le hic, ils savaient que c'était un mensonge. L'on trouverait difficilement, au cours de l'histoire, onze personnes mortes pour un mensonge, en toute connaissance de cause.

Il nous faut connaître plusieurs facteurs pour pouvoir apprécier leurs actes. Tout d'abord, quand les apôtres écrivaient ou parlaient, c'était en tant que témoins oculaires des événements qu'ils décrivaient.

Pierre dit: «Ce n'est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons vu sa majesté de nos propres yeux» (2 Pierre 1:16). Les apôtres connaissaient assurément la différence entre mythe ou légende et réalité.

Jean souligna que les juifs étaient des témoins oculaires de ces faits: «Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie, et la vie a été manifestée, nous l'avons vue, nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ» (1 Jean 1:1-3).

Luc dit: «Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement en ont été les témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, il m'a semblé bon à moi aussi, après avoir tout recherché exactement depuis les origines, de te l'exposer par écrit d'une manière suivie ... » (Luc 1:1-3).

Puis, dans le livre des Actes, Luc décrivit la période de quarante jours après la résurrection, où ses disciples le virent dans l'intimité: «... J'ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux aussi qu'avec plusieurs preuves, il se présenta vivant, après avoir souffert, et leur apparut pendant quarante jours en parlant de ce qui concerne le royaume de Dieu» (Actes 1:1-3).

Jean commença la dernière partie de son Evangile en disant que «Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre» (Jean 20:30).

Le contenu essentiel de ce qu'attestaient ces témoins oculaires concernait la résurrection. Les apôtres furent témoins qu'il était ressuscité:

Luc 24:48                          Actes 3:15

Jean 15:27                         Actes 4:33

Actes 1:8                           Actes 5:32

Actes 2:24, 32                   Actes 10:39

Actes 10:41                       1 Jean 1:2

Actes 1 3:3 1                     Actes 22:15

1 Corinthiens 15:4-9          Actes 23-11

1 Corinthiens 15:15           Actes 26:16

 

Deuxièmement, les apôtres eux-mêmes durent être sûrs de la résurrection de Jésus. En premier lieu, ils n'y avaient pas cru. Ils avaient pris la fuite et s'étaient cachés (Marc 14:50). Ils n'ont pas hésité à exprimer leurs doutes. Ils ne crurent qu'après avoir reçu force preuves persuasives. Il y avait Thomas, qui disait qu'il ne croirait pas en la résurrection de Jésus avant d'avoir mis son doigt dans la marque des clous. Thomas, plus tard, mourut en martyr pour Christ. S'était-il trompé? Il paria sa.yie que non.

Et puis, il y avait Pierre. Il renia Christ plusieurs fois au cours de son procès et finalement 1 abandonna, mais il arriva quelque chose à ce poltron. Peu de, temps après la crucifixion et la mise au tombeau de Christ, Pierre se montra à Jérusalem, annonçant hardiment, sous la menace de mort, que Jésus était le Christ et qu'il était ressuscité. Finalement, Pierre fut crucifié la tête en bas. S'était-il trompé? Que lui était-il arrivé? Qu'est-ce qui l'avait transformé si spectaculairement en un lion audacieux pour Christ? Pourquoi était-il prêt à mourir pour lui? La seule explication qui me satisfasse est 1 Corinthiens 15:5: «Puis il (Christ) apparut àCéphas (Pierre)» (Jean 1:42).

L'exemple classique d'un homme convaincu malgré lui est celui de Jacques, le frère de Jésus (Matthieu 13:55; Marc 6:3). Bien que Jacques ne soit pas originellement l'un des douze (Matthieu 10:2-4), il fut plus tard reconnu comme apôtre (Galates 1:19), comme le furent Paul et Barnabas (Actes 14:14). Du vivant de Jésus, Jacques ne croyait pas que son frère Jésus était le Fils de Dieu (Jean 7:5). Peut-être, à l'instar de ses frères et soeurs, s'était-il même moqué de lui. «Tu veux que les gens croient en toi? Pourquoi ne montes-tu pas à Jérusalem y faire ce que tu dois?» Pour Jacques, ce devait être humiliant de voir Jésus se promener et couvrir de ridicule le nom de la famille par ses prétentions extravagantes («Je suis le chemin, la vérité et la vie; nul ne vient au Père que par moi» Jean 14:6; «Je suis le cep, vous êtes les sarments» Jean 15:5; «je suis le bon berger... et mes brebis me connaissent» Jean 10:14;). Et vous, que penseriez-vous si votre frère disait de telles choses?

Mais il arriva quelque chose à Jacques. Après que Jésus ait été crucifié et mis au tombeau, l'on vit Jacques prêcher à Jérusalem. Son message proclamait que Jésus était mort pour les péchés, qu'il était ressuscité et vivant. Finalement, Jacques devint l'un des chefs de l'Eglise de Jérusalem et écrivit un livre, l'épître de Jacques, qui s'ouvre sur ces mots: «Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ ... » Pour finir, Jacques mourut en martyr par lapidation sur ordre d'Ananias, le souverain sacrificateur (d'après Flavius Josèphe). Jacques s'était-il trompé? Non, la seule explication plausible est 1 Corinthiens 15:7: «Puis il apparut à Jacques».

Si la résurrection était un mensonge, les apôtres le savaient. Avaient-ils monté un canular colossal? Cette hypothèse serait en contradiction avec ce que nous savons de la qualité morale de leur vie. Ils condamnaient personnellement le mensonge et insistaient sur l'honnêteté. Ils encourageaient les gens à connaître la vérité. L'historien Edward Gibbon, dans son célèbre ouvrage Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain, donne la «moralité pure mais austère des premiers chrétiens» comme l'une des cinq raisons du rapide succès que connut le christianisme. Michael Green, directeur du St John's Collège à Nottingham, fait observer que la résurrection «fut la croyance qui changea des disciples au coeur "brisé en ces témoins et martyrs courageux de l'Eglise primitive. Ce fut cette seule croyance qui sépara les disciples de Jésus des juifs, et les transforma en la communauté de la résurrection. L'on pouvait les mettre en prison, les battre de verges, les tuer, mais l'on ne pouvait les amener à renier leur conviction que le troisième jour, il ressuscita. »

Troisièmement, la conduite audacieuse des apôtres dès qu'ils furent convaincus de la résurrection rend improbable l'éventualité d'une fraude. Leur audace leur vint pratiquement du jour au lendemain. Après la résurrection, Pierre, qui avait renié Christ, se leva pour proclamer, malgré la menace de mort, que Jésus était vivant. Les autorités avaient beau arrêter les disciples de Christ et les battre, bientôt ils étaient de nouveau dans la rue, parlant de Jésus (Actes 5:40-42). Leurs amis remarquaient leur ardeur et leurs ennemis leur courage. Ils ne prêchaient pas non plus dans une ville obscure, mais à Jérusalem.

Les disciples de Jésus n'auraient pu braver la torture et la mort s'ils n'avaient été convaincus de Sa résurrection. L'unanimité de leur message et de leur ligne de conduite était stupéfiante. Pour tout groupe important, les risques d'une divergence de vues sont énormes, pourtant, tous étaient d'accord sur la vérité de la résurrection. Si c'étaient des mystificateurs, il est difficile d'expliquer comment pas un seul ne céda sous la pression.

Pascal, le philosophe français, écrit: «L'hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde. Qu'on la suive tout au long; qu'on s'imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscité. Ils attaquent par là toutes les puissances. Le coeur des hommes penche étrangement vers la légèreté, le changement, les promesses, les biens. Si peu qu'un de ceux-là se soit démenti par tous ces attraits, et qui plus est, par les prisons, par les tortures et par la mort, ils étaient perdus. Qu'on suive cela.»

«Comment sont-ils devenus, presque du jour au lendemain, demande Michael Green, cette troupe indomptable d'enthousiastes qui bravèrent sur trois continents l'opposition, le cynisme, le ridicule, l'épreuve, la prison et la mort, en prêchant partout Jésus et la résurrection?»

Un auteur inconnu raconte d'une manière très descriptive les changements survenus dans la vie des apôtres: «Le jour de la crucifixion, ils étaient pleins de tristesse; le premier jour de la semaine, de joie. A la crucifixion ils étaient désespérés; le premier jour de la semaine, leur coeur rayonnait de certitude et d'espoir. Quand le message de la résurrection leur parvint pour la première fois, ils étaient incrédules et difficiles à persuader, mais une fois convaincus, ils ne doutèrent plus jamais. A quoi peut-on attribuer le changement prodigieux opéré chez ces hommes en si peu de temps? Le simple enlèvement du corps hors du tombeau n'aurait jamais pu transformer leur esprit et leur caractère. Trois jours ne suffisent pas pour faire naître une légende les affectant à ce point. Le processus de développement d'une légende demande du temps. C'est un fait psychologique qui exige une explication complète. Pensez au caractère des témoins, ces hommes et ces femmes qui donnèrent au monde l'enseignement éthique le plus élevé qu'il ait jamais connu et qui, même au dire de leurs ennemis, le pratiquaient dans leur propre vie. Pensez à l'absurdité psychologique consistant à imaginer une petite bande de poltrons vaincus, tapis un jour dans une chambre haute et transformés quelques jours plus tard en une compagnie qu'aucune persécution ne pouvait réduire au silence. Puis tenter d'attribuer ce changement spectaculaire à rien de plus convaincant qu'un misérable mensonge qu'ils auraient essayé d'imposer au monde! Cela n'aurait tout simplement aucun sens.»

Kenneth Latourette écrit: «Les effets de la résurrection et la venue du Saint-Esprit sur les disciples furent... d'une importance capitale. Des hommes et des femmes découragés, désillusionnés, qui se rappelaient tristement les jours où ils avaient espéré trouver en Jésus celui qui délivrerait Israël, étaient devenus une compagnie de témoins enthousiastes.»

Paul Little pose cette question. «Ces hommes qui contribuèrent à transformer la structure morale de la société, étaient-ils des menteurs invétérés ou des fous se berçant d'illusions? Cette alternative est plus difficile à croire que la réalité de la résurrection, et il n'y a pas l'ombre d'une preuve pour la soutenir.»

La constance des apôtres allant même jusqu'à la mort ne peut s'expliquer facilement. D'après l'Encyclopaedia Britannica, Origène rapporte que Pierre fut crucifié la tête en bas. Herbert Workman décrit en ces termes la mort de Pierre: «Ainsi, Pierre, comme notre Seigneur l'avait prophétisé, fut ceint par un autre, et mené à la mort, le long de la Voie aurélienne, en un lieu tout près des jardins de Néron, sur la colline du Vatican, où tant de ses frères avaient déjà souffert une mort cruelle. Sur sa propre requête, il fut crucifié la tête en bas, se jugeant indigne de souffrir comme son Maître.»

Harold Mattingly, dans son traité d'histoire, écrit: «Les apôtres Pierre et Paul scellèrent leur témoignage de leur sang.» Tertullien a écrit: «Nul n'accepterait de mourir à moins de savoir qu'il possède la vérité.» Simon Greenleaf, professeur de droit à Harvard, qui a enseigné pendant des années l'art de confondre un témoin et de déterminer si un témoin ment, conclut ainsi. «Les annales de la guerre militaire sont rarement à même de citer l'exemple d'une constance héroïque, d'une patience et d'un courage inébranlable égalant celui-là. Ils avaient tous les motifs possibles pour revoir soigneusement les fondements de leur foi, ainsi que les preuves des grands événements et vérités qu'ils affirmaient.»

Les apôtres traversèrent l'épreuve de la mort afin d'établir la véracité de ce qu'ils proclamaient. je crois que je peux me fier à leur témoignage davantage qu'à celui de la plupart des gens que je rencontre aujourd'hui, des gens qui ne sont pas prêts à traverser la rue pour la cause en laquelle ils croient; encore moins à mourir pour elle.

 

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